CAN : Jacques Anouma répond au GARF

Afrique - CAF

A la suite de la déclaration d'Anjorin Moucharafou de la fédération béninoise au nom de son association "fantôme" dénommée « Groupe d’Action pour le Renouveau du Football en Afrique  (GARF-Afrique)», la réaction de la cellule de communication du candidat à la présidence de la CAF, l'ivoirien Jacques  Anouma ne s'est pas fait attendre. Footafrique.com la publie intégralement

Notre contribution souligne la cellule de communication s’intéressera aussi bien à la forme qu’au contenu du texte. Et la démarche s’articulera autour des points suivants :

1-    Le Groupe d’Action pour le Renouveau du Football en Afrique

2-    La loi Raouroua et l’interprétation que l’auteur en fait

3-    La question de Responsabilité et de légitimité

4-    Le manque d’élégance du Président du GARF

Il est vrai qu’au regard de la dénomination de l’Association de M. Anjorin Moucharaffou, (écrit en gros caractères et en couleur) le mot Renouveau devrait être source de  joie et de foi en l’avenir.

En effet l’utilisation du  terme « Renouveau » devrait exprimer l’accord de son initiateur avec l’écrasante majorité des membres de la grande famille du football africain qui pense que face aux défis anciens et nouveaux auxquels le football sur le continent est confronté et au regard du bilan de sa gestion par M. Issa Hayatou depuis 1988, le moment est venu de régénérer les organes de l’institution continentale, d’insuffler une nouvelle dynamique  à la machine et de proposer une nouvelle vision pour son développement. C’est cela le Renouveau !!! Ce terme nous indique clairement que l’on ne peut pas résoudre les problèmes actuels du football africain avec des solutions et des schémas à l’ancienne. Une nouvelle vision  s’impose donc à nous tous. En parlant de Renouveau, M. Moucharaffou  rejoint le Président Anouma. Il partage alors le sens de sa candidature à la Présidence de la Caf et la soutient entièrement. Peut-on parler de Renouveau là où on souhaite la perpétuation de l’obsolète? Non, Non et non ! Si on parle de renouveau c’est que l’existant est dépassé, que l’équipe qui est aux affaires a une vision rétrograde et ses actes sont incompatibles avec les enjeux actuels du football Africain voire mondial.

Le texte dit « NOUS, membres du Groupe.. », ce qui veut dire que le signataire de la déclaration parle au nom d’un collectif. L’idéal aurait donc été qu’une liste des membres de cette association soit publiée au bas du texte. Nous aurions aussi aimé avoir une adresse géographique, un téléphone/fax, un email de l’association au cas où l’envie nous viendrait d’en savoir plus. Malheureusement rien de tout ça. Bizarre, pour un « Groupe d’action » qui entend se faire entendre dans le débat de haut niveau, qu’est celui du football africain. Déception et suspicion légitime.

Ceci dit, il est louable que le GARF se décide enfin à se départir de ses activités traditionnelles, à savoir la confection de T-shirts, calendriers et autres gadgets à l’effigie d’Issa Hayatou, pour se lancer dans un débat fondamental sur le football africain.  Mais une initiation apparemment pénible et sans lumière aucune.

Quand on finit de lire le contenu de la déclaration, on se rend compte que la démarche de l’auteur et les objectifs qu’il poursuit sont en total déphasage avec la mission que lui et les autres membres de cette association, s’ils existent vraiment, se sont assignés. En effet, là où nous nous attendions à la présentation d’un projet et d’une vision pour le renouveau du football africain, nous découvrons  toute une panoplie de missions que s’est assigné M. Moucharaffou et qui sont loin, très loin des attentes de la grande famille du football Africain. Deuxième déception et suspicion légitime.

Alors qu’aucune conférence de Presse n’a eu lieu à la fin de la réunion du 03/09/2012 pour expliquer la nature et les enjeux de la loi ainsi que le sens du vote qui s’y est déroulé, plus grave, alors qu’aucune fédération n’a encore reçu le PV de cette rencontre comme cela se fait d’habitude, notre frère Moucharaffou joue les conférenciers, les porte-voix. Il s’autoproclame Porte parole des Présidents de fédérations et décrit leur joie d’avoir subi l’auto flagellation à laquelle ils ont été soumis par la mise en place d’une loi qui les exclut tous d’une ambition légitime. Troisième déception et suspicion légitime.

Dès que la presse a rendu public la déclaration de M Moucharaffou, de nombreux Présidents de Fédération Africaines ont  clairement indiqué ne pas se reconnaitre dans les propos du Président de « ce soi-disant Groupe pour le …je ne sais quoi… » (Les termes sont de l’un de nos interlocuteurs). Certains disent même ne pas connaitre cette association, et soutiennent n’avoir donné aucun mandat de porte parolat à M. Moucharaffou. Contrairement à ce que dit le Président du GARF, plusieurs présidents de fédérations ayant pris part à cette rencontre soutiennent que la réunion du 03 septembre et le vote de la loi Raouraoua se sont déroulés dans une atmosphère de chantage et d’allégeance à un homme. La réunion a plutôt divisé la grande famille du football Africain et que cela, M. Moucharaffou le sait.

Alors qui sont les mandants de ce porte parole et d’où tire t-il la légitimité dont il s’honore si la grande majorité des présidents de fédérations rejette son organisation, sa présidence et le contenu du texte ? Quatrième déception et suspicion légitime.

A qui profite donc le crime ?

M. Moucharaffou dans sa déclaration décide, sans que rien ne le justifie, de jouer à « l’avocat du diable » en lançant une attaque gratuite, méchante et insensée contre un digne fils d’Afrique, illustre membre des Comités Exécutifs de la Caf et de la Fifa, dont le crime est de vouloir justement enclencher le Renouveau tant souhaité du football africain en voulant briguer la présidence de cette institution continentale. C’est ici que nous découvrons la vraie raison de l’intrusion du GARF dans le débat. C’est décevant et triste à la fois. Vous mesurez avec nous, les obstacles et les dangers (immobilisme, léthargie, système de domination, chantages, etc.) auxquels le football sur notre continent est confronté,  la psychologie des personnes qui le gère et leurs réelles ambitions.

Venons-en au contenu de la Loi votée et aux attaques inutiles contre M. Anouma et relevons ensemble les incohérences et contre vérités dont elles sont habillées.

La loi Raouraoua, du nom du Président de la Fédération Algérienne de football dit exactement ceci : «  Tout candidat aux élections de la Présidence de la CAF, outre les compétences nécessaires, devra être ou avoir été membre du Comité Exécutif de la CAF ».

Citons M. Moucharaffou «  Pour accéder à cette prestigieuse fonction (Présidence de la Caf), il faudrait désormais gravir les échelons en devenant d’abord membre du Comité Exécutif de l’institution… Monsieur Anouma siège à la Fifa avec les privilèges que les textes lui confèrent. A la Caf il est membre honorifique qui ne bénéficie pas de droit de vote. La preuve, il n’est président d’aucune commission technique de la Caf, une prérogative dévolue aux seuls membres du Comité Exécutif. »

Quand on lit ça on se rend compte que M. Moucharaffou n’a pas compris la loi. Il dit que pour être candidat il faut gravir les échelons en devenant d’abord membre du Comité Exécutif de la CAF. Nous sommes d’accord avec lui parce que c’est ce que dit le texte. Mais là où nous avons du mal à suivre le Président du GARF, c’est quand il dit et/ou insinue que Anouma est exclu parce que membre honorifique du Comité Exécutif de la CAF, qu’il n’a pas droit de veto et n’est pas président d’une commission de la Caf. Mais d’où sort-il cela ? Parce que ce n’est pas ce que dit la loi votée. Nous savons tous que les personnes qui siègent au Comité Exécutif de la Caf y sont à divers titres. Et la loi Raouraoua ne dit pas de manière spécifique, de quelle qualité (avoir un droit de véto, être président d’une commission technique, etc.) de membre de Comité Exécutif de la Caf l’on doit jouir pour être éligible. Le texte dit « Il faut être ou avoir été membre du Comité Exécutif de la Caf » ni plus ni moins. M. Moucharaffou interprète la loi selon son entendement et son niveau de connaissance. C’est son problème. Mais il doit admettre que son interprétation ne saurait satisfaire tout le monde. Il peut dire ce qu’il veut mais ne peut denier à M. Anouma la qualité de membre du Comité Exécutif de la Caf et qu’à ce titre, au regard de la loi Raouraoua, il peut briguer la « prestigieuse fonction » de président de la CAF. Parce qu’il en a non seulement les compétences mais aussi il en est membre. Point. Toute autre interprétation de la loi Raouraoua n’est que pure fantaisie et mauvaise foi.

La déclaration de M. Moucharouffou porte aussi gravement atteinte à l’honorabilité de M. Anouma. Ce n’est pas très intelligent de sa part. Et c’est encore une autre grande déception. On ne peut pas faire avancer le football Africain avec de tels tracts ! M. Moucharaffou a parfaitement le droit de faire allégeance au « grand chef » et d’en susciter certaines. Il peut se plaire dans son  job, muni de son vuvuzela de griot du chef si cela lui chante et en recueillir les privilèges dus à son rang. Mais il n’a pas le droit de s’attaquer avec autant de légèreté à la personne et au parcours d’un fils du continent, comme lui, dont les œuvres au service du football dans son pays, en Afrique et dans le monde sont saluées avec respect et la reconnaissance due à son rang. Nous n’évoquerons pas ici les nombreuses occasions au cours desquelles  M. Moucharaffou a pu  voir la lumière du jour grâce aux soutiens fraternels de M. Anouma. Mais par rapport à l’histoire et à l’évolution du monde, M. Moucharaffou et tous ceux qui le téléguident  ne peuvent et ne doivent empêcher les débats en cours sur la marche du football africain. Car au stade de la mondialisation, la pensée unique, monocolore et unijambiste ne peut plus avoir pignon sur rue. Le football qui est aujourd’hui une véritable école et une industrie déchaine des passions et ne saurait donc tolérer qu’en Afrique son fonctionnement soit exclusivement l’affaire d’une coterie qui décide au gré de ses intérêts individuels et de sa gloire personnelle. Si M. Anouma a eu le bilan et le parcours que décrit si méchamment M. Moucharouffou alors laissons le vote décider de son sort.

Nous connaissons tous le parcours de M. Anouma et son image au sein du football Africain et mondial. Nous ne croyons pas qu’il soit nécessaire d’en parler ici. Mais nous voudrions juste dire une chose pour terminer. Des recherches sur les autorités du football mondial peuvent être faites sur Google. Il suffit de saisir un certain nombre de noms pour connaitre leurs actions et missions au service du football. Le nom de M. Anouma y figure en bonne place avec un casier judiciaire propre. Nous  ne pouvons pas en dire de même du Président controversé de la Fédération Béninoise du Football et du GARF.

 
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