CAF : Hayatou exclut les grandes nations

Afrique - CAF

Le quotidien ivoirien Soir info revient sur les conséquences des modification des conditions d’éligibilité à la présidence de la CAF du duo Hayatou-Raouraoua. Voici l'article dans son intégralité.

"En faisant la proposition de modification des statuts de la Caf qui veut que «tout candidat aux élections à la présidence de la Confédération africaine de football, outre les compétences nécessaires, devra être ou avoir été membre du comité exécutif de la Caf», la Fédération algérienne de football n’a sans doute pas mesuré l’impact négatif que pourrait avoir une telle loi sur le mouvement sportif africain.

Mohamed Raouraoua, l’inspirateur de ladite proposition taille certes un règlement à sa mesure à celle d’Issa Hayatou, mais il exclut de grandes nations du football africain qui ne sont pas représentées au comité exécutif de la Caf. En voulant certainement créer, par tous les moyens, les conditions du maintien d’Hayatou à la tête de la Caf et se placer en pole position pour sa succession, Raouraoua écarte implicitement de la course à l’organe de décision, les pays qui font la fierté du football sur le continent. Du Nigéria à l’Angola en passant par l’Afrique du Sud, le Sénégal, le Mali, l’Egypte, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Bénin, la Lybie, le Gabon, le Burkina Faso, le Libéria… tous sont exclus de la course à la présidence de la Caf par cette disposition qui fera l’objet d’un vote le 3 septembre prochain aux Seychelles. Le comité exécutif de la Caf est composé au total de 16 membres y compris le président et le Secrétaire général.

Sur l’ensemble de ces membres, il y en a quatre qui n’ont pas droit de vote parce que n’ayant pas été élus au titre des membres du comité exécutif. Il s’agit du Tunisien Slim Aloulou (coopté), le Sud-Africain Molefi Oliphant (coopté), l’Ivoirien Jacques Anouma (membre du comité exécutif de la Fifa) et l’Egyptien Hani Aboo Rida (membre du comité exécutif de la Fifa). Ces quatre personnes assistent aux réunions du comité exécutif, mais ne détiennent pas de pouvoir de décision. En d’autres termes, ils ne prennent pas part aux votes. Pourtant, la proposition telle que libellée par la Fédération algérienne de football ne dit pas clairement quels sont les membres du comité exécutif qui sont concernés.

En tout état de cause, elle contient un non-dit qui transpire fortement une ruse pour mieux entuber les présidents de fédération. Même si tous les membres du comité exécutif, élus et cooptés pouvaient eux seulement faire acte de candidature, la mesure resterait toujours exclusive et absolument prohibitive pour la majorité des pays africains et surtout pour les acteurs clé du football sur le continent. Car seulement 15 pays sur les 54 que compte la Caf pourront présenter un candidat à la présidence de la Caf".