ALG : El Watan, la tronçonneuse et les Verts

Maghreb - ALGERIE

Sous le titre "Les «stars» sont de retour", le quotidien El Watan régle ses comptes avec les professionnels de l'équipe nationale algérienne dont la conduite avec les journalistes locaux frisent l'indécence et le mépris. Le commentaire dans son intégralité.

 

Les Verts ont perdu face au Mali. Quoi de plus normal pour une sélection, qui représente l’Algérie et ses 37 millions d’habitants, de perdre dans une rencontre, où il y a impérativement un vainqueur et un vaincu ? 37 millions d’Algériens qui avaient, tous, les yeux fixés sur leur petit écran, pour suivre leurs stars en espérant qu’ils fassent honneur aux couleurs nationales. Des millions d’Algériens en quête d’informations sur leur chère équipe, pour laquelle une trentaine d’autres Algériens, les gens des médias en l’occurrence, ont fait le périlleux déplacement de Ouagadougou pour un séjour délicat dans ce pays du Sahel avec comme mission de donner à nos compatriotes des nouvelles des «stars» qui devaient les représenter dignement au Burkina Faso.

Des «stars en carton», visiblement indifférentes aux attentes de leurs millions de fans restés en Algérie, auxquels ils n’accordent pas la moindre considération dès que les choses vont mal. Sinon, comment expliquer que ces «stars» qui se targuent d’être des professionnels (à quelques exceptions près) se dévoilent sans ambages aux médias européens, fuient leurs responsabilités, évitent d’expliquer leur déroute aux millions d’Algériens à qui ils doivent rendre des comptes ? Les joueurs de l’équipe nationale ont évité, à la fin de la rencontre face au Mali, de croiser le chemin des «méchants» journalistes, détalant à toute vitesse pour se mettre à l’abri dans le luxueux et hermétique bus pour éviter ces «pestiférés» de journalistes qui posent «trop de questions» ! Comme si on n’était pas supporters et Algériens avant d’être des reporters en mission ! Ils sont vite allés se cacher dans leur «forteresse» de l’hôtel Palace, lieu de résidence de ces quelques pseudo-professionnels. Des professionnels qui n’avaient même pas le courage de dire tout simplement «non», se cachant derrière une consigne, fictive, de leur entraîneur qui leur aurait interdit de parler à l’«ennemi».

Lâcheté et mensonge, telle est la devise de certains de nos «handi…capés», car quelques joueurs, de vrais pros, ont bel et bien répondu à la sollicitation de leur journaliste compatriote. Pis encore, les gens des médias et les fameuses «stars» se retrouvent comme par hasard à l’hôtel Palace, plus d’une heure après la fin du match, pour une collation offerte par l’ambassadeur d’Algérie à Ouagadougou en l’honneur de «toute» la délégation algérienne qui a fait le déplacement au Burkina. Ils se sont fait désirer comme des stars de cinéma arrogantes et mégalomanes. Des stars qui ont offert à leurs compatriotes algériens un bien mauvais film. Ils finiront par se présenter devant leur naïf public composé essentiellement des pauvres journalistes, ces «minus» que nous sommes, en évitant soigneusement d’approcher «du méchant reporter» de peur peut-être d’être «contaminés» par cette fibre patriotique dont sont imprégnés les envoyés spéciaux de l’Algérie qu’eux ne semblent pas connaître. Dans un silence de mort, la collation sera un véritable fiasco, commenté par un collègue dépité et offensé à la fois : «On dirait Israéliens et Palestiniens qui se retrouvent sans le vouloir dans la même pièce…»

Cela résume la peine de notre collègue et de ses confrères, touchés dans leur amour-propre par l’indigne comportement de ces «stars» fabriquées de toutes pièces, malheureusement, par nous les maudits journalistes.
Revoilà donc ces joueurs qui fouleront à nouveau un terrain de foot, demain, face à la modeste sélection gambienne. Espérons qu’ils ne monteront pas sur leurs grands chevaux, en cas de succès, juste parce qu’ils auront réussi à se qualifier aux dépens d’une petite équipe qu’est la Gambie. Mais il faudra déjà gagner ce match avant de parler de qualification.