ALG : Le parrain, l'apprenti et l'escroc (HSO)

Maghreb - ALGERIE
khalifaDix ans après sa dernière visite en Algérie, invité par l’escroc international, Moumen Khalifa, le «parrain» du football mondial Sepp Blatter sera de retour le 31 avril prochain en Algérie. Il viendra inaugurer le nouveau «palais» sur les hauteurs d’Alger, que le cumulard de la fédération algérienne, Mohamed Raouraoua, et non moins disciple du grand maître, s’est fait construire (grâce aux contribuables), à Dely-Ibrahim par une société egyptienne. Sans avis d'appel d'offres !

Entre maitre et disciple on se doit bien ça ! Un coup de main qui tombe à point nommé pour l’apprenti. Il est contraint et forcé de faire une nouvelle fois dans la gesticulation et l’effet d’annonce à outrance pour faire oublier, à ceux qui le veulent bien : l’échec retentissant de «son» professionnalisme et le choix de ses sherpas, les absences de l’Algérie à la CAN (2006, 2008, 2012), aux Jeux  Olympiques des (2004, 2008, 2012)... la violence dans les stades. Les dossiers ne manquent pas.

Entre maître et disciple on sait mettre de côté les sujets qui fâchent. Qui a dit que ces deux là -qui ont pour point commun de n’avoir jamais tapé dans un ballon si ce n’est en costume de cérémonie au milieu de vingt deux joueurs- vont parler foot ? Après tout ce n’est pas le sujet de la visite. Blatter vient pour ne pas aller au stade, encore faudrait-il que son disciple s’y rende lui même lorsqu’il est de passage à Alger, pour qu’il s’y sente obligé. La présidence de la République aurait clairement fait savoir qu’elle ne voulait pas d’une finale de la Coupe d’Algérie un 1ermai en fonction de l'agenda international de Joseph Blatter. Il est tout a fait légitime que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, ne veuille pas recevoir ceux qui font de l'autoritarisme leurs fonds de commerce et de leurs organismes des Partis Staliniens.

La dernière fois que Joseph Blatter s’est rendu en Algérie, son hôte, l'escroc international Moumen Khalifa qui a mis a sa disposition un de ses jets privés, a fini recherché par toutes les polices du monde. Arrêté à Londres, il attend depuis sa prison, son extradition vers l’Algérie, où il a été condamné par contumace le 22 mars 2008, à la réclusion à perpétuité. Le  tribunal de Blida a retenu comme charge «association de malfaiteurs, vols qualifiés, détournement de fonds, faux et usage de faux».

Moumen Khalifa qui a placé, le cumulard Mohamed Raouraoua[1] à la tête de la FAF, avait réussi une véritable OPA sur le football algérien au début des années 2000. La visite de Blatter utilisant un de ses appareils ne lui a pas coûté cher, mais surtout ne lui a pas porté chance.



[1] Interrogé lors du procès Khalifa, Djamel Guelimi, (ancien chef de cabinet de Moumen Khalifa) précisera à la juge : “Ighil devait se présenter candidat à la FAF, il y a eu des négociations entre Raouraoua et lui ce jour-là, j’étais témoin... C’est lors de cette rencontre que Moumen a proposé de l’argent à Ighil pour qu’il renonce à sa candidature en faveur de Raouraoua…”, affirmera-t-il ajoutant qu’il a même demandé à R. A. K. pourquoi un tel revirement alors qu’il s’était engagé à soutenir Ighil. “On est obligé…”, telle aurait été la réponse de Khalifa. (Liberté, 11 janvier 2007)