ALG : Un premier bilan de Raouraoua (MB)

Maghreb - ALGERIE
Sous la plume de MB, le quotidien le Soir d'Algérie revient sur l'humiliante élimination des Jeux Olympiques 2012 (Zone Afrique) de la sélection Olympique algérienne. Il dresse une premier constat de la catastrophque gestion de la fédératiuon (FAF) dirigée par le champion de la lutte des places au sein des instances internationales : Mohamed Raouraoua. "2011, l’autre année noire du football algérien. Les «A» ne seront pas de la fête à la CAN-2012, les «A’» étaient incapables d’atteindre le podium au CHAN du Soudan alors que les «Olympiques» quittent le tournoi préolympique dès le 1er tour. Le bilan technique ne reflète pourtant pas l’investissement consenti.
En dix ans de règne, l’actuel patron du football national a accumulé les échecs et les humiliations. Son plan de redressement des résultats des équipes nationales a plutôt tourné au cauchemar. A l’exception de l’EN «A» qui a réussi l’exploit de se qualifier au Mondial-2010, agrémenté d’une demi-finale à la CAN de la même année en Angola, l’Algérie du football a subi les foudres des grands d’Afrique mais aussi des nations où la pratique du jeu à onze est insignifiante. Manivelle. 8 novembre 2001. La JSK s’apprête à gagner la ville de Sousse (Tunisie) pour disputer la finale aller de la Coupe de la CAF face à l’Etoile du Sahel. Au même moment, les urnes de l’AG élective de la FAF révèlent au grand public le nom de celui qui succédera à la présidence de la Fédération à Omar Kezzal, déchu de son poste par décret après le naufrage des Verts au Caire (5-2) et quelques semaines après la «tragédie» de Saint-Denis devant les Bleus de Zinedine Zidane (4-1). Mohamed Raouraoua, inconnu au bataillon à l’époque, qui créera la surprise en supplantant un monument du football à l’échelle internationale, Rachid Mekhloufi, fera le serment de redonner à la FAF sa crédibilité et au football algérien son lustre d’antan. Il avait d’abord pour mission première de balayer devant le portail en fer rouillé du palais de Dély Ibrahim. Mais aussi de donner les moyens à l’EN de Rabah Madjer, nommé par Kezzal en juillet 2001, de se distinguer à la CAN-2002 programmée au Mali. Une expédition qui a vu les coéquipiers de Tasfaout quitter le tournoi dès le premier round, suite à deux défaites (Nigeria et Mali) et un nul heureux face au Libéria (Kraouche avait égalisé dans les ultimes moments du match). Derniers de la classe, les capés de Madjer rentrent à Alger avec la certitude d’avoir vécu à Bamako leur dernière aventure ensemble.

Deux mandats, 10 sélectionneurs

En avril 2002, un match de gala Algérie-OM organisé par un des sponsors de la FAF, Khalifa Group, allait faire émerger les premiers signes de désaccord entre Raouraoua et le sélectionneur national, Rabah Madjer. Le conflit ne pouvait déboucher sur un limogeage de l’ex-star de Porto tant que celui-ci bénéficiait et de l’estime du peuple du football et d’un clan du pôle décisionnel au sein des pouvoirs publics. Le nouveau président de la FAF attendait son «poulain» au tournant. Et sa chance ne tardera pas à se présenter à l’occasion d’un autre test amical des Verts, cette fois-ci joué en Belgique face aux Diables rouges de Robert Waseige. Un entretien accordé par Madjer à France Football, à la veille du match France-Algérie, où il dénonçait la gestion de la FAF, sera «retravaillé» par Le Soir de Bruxelles pour servir d’alibi au nouveau président de la FAF en vue de mettre fin «à l’amiable» aux fonctions de l’entraîneur national. Un scénario qui fera date puisque, depuis, la barre technique des Verts n’a jamais connu de stabilité. La piste belge est alors explorée (Waseige puis Leekens), sans succès. Rabah Saâdane et quelques locaux (Ighil, Charef, Aït Mohamed, Aït-Djoudi, Kermali, Zouba, Fergani) se passeront le témoin puis l’intermède Cavalli sous Haddadj (qui assuma la transition entre janvier 2006 et mars 2009) avant le retour de l’éternel pompier de la sélection, en novembre 2007, Rabah Saâdane. Un come-back opéré sous Haddadj, sanctionné par une historique qualification au tournoi final de la Coupe du monde jouée en Afrique du Sud, et une séparation forcée intervenue au lendemain du match face à la Tanzanie (septembre 2010). Son successeur, Abdelhak Benchikha, qui cumulait les fonctions de l’EN A’ et celle des U23, ne survivra pas, non plus, à l’envie du premier responsable de la FAF de confier les destinées des Verts à un étranger. C’est ainsi que, quelques jours après la raclée de Marrakech, le «général» sera dégommé et remplacé par «une grosse pointure», le Bosnien Vahid Halilhodzic. Et le changement n’a pas visé les seuls staffs de l’EN «A» dans la mesure où toutes les sélections ont subi le mouvement sous une forme ou une autre (limogeage, fin de fonction ou démission) au lendemain d’une élimination. Pendant ce temps, le dossier de mise en place d’une DTN forte et stable, promesse faite par Raouraoua au lendemain de son retour aux commandes de la FAF, croupit dans les tiroirs. Un projet qui ne verra pas le jour de sitôt.

Un BF, pour quoi faire ?

La quête d’améliorer les performances techniques est en soi une démarche logique, voire normale, étant donné qu’un responsable de n’importe quel projet ou structure a une obligation de résultats. Il en est de même concernant le choix de la composante humaine qui doit mener la politique de l’instance fédérale. Or, l’actuel bureau fédéral de la FAF ne semble imprégné d’aucune politique. Les membres de cette instance semblent être cette boîte d’enregistrement appelée à cautionner des actions qu’ils n’ont pas initiées ou discutées. Leur présence au sein du BF est le «sport favori» de beaucoup d’acteurs du sport et du football en particulier quand il s’agit d’assurer des missions à l’étranger avec clubs et sélections ou bien s’auto-désigner commissaires de matches (deux fois par semaine si possible pour arrondir leurs frais). Ceci sans oublier que ces messieurs cumulent des fonctions au sein de plusieurs structures de la Fédération mais aussi au niveau des ligues. Les derniers mouvements opérés au niveau de certaines ligues, la LNFA pour ne pas la citer, où plusieurs membres siégeant au sein du BF de la FAF ont été désignés à des postes de responsabilités, donnent l’impression que le football algérien souffre d’un manque des personnels qualifiés à occuper de charges élémentaires (désignation, qualification, etc.). Ce qui n’est pas vrai tant les écoles algériennes regorgent de compétences capables de diriger (pour de vrai) des structures qui attisent les convoitises pour la simple raison qu’il y a à boire à manger.

Et les pouvoirs publics dans tout ça ?

Une telle gabegie n’aurait été possible qu’en raison de l’absence de l’autorité de l’Etat qui devait réguler et suivre le fonctionnement de ces fédérations d’utilité publique et sévir dans le cas de dépassements avérés et d’échecs manifestes. Or, le bras de fer MJS-FAF engagé sous le Pr Guidoum aura tourné court. La loi Guidoum (05-405) a été contournée et la Fédération nationale de football, criant sous tous les toits qu’elle n’avait d’ordre à recevoir que de la Fifa, a eu le dernier mot. Un représentant du ministère qui se fait intimer l’ordre de ne pas intervenir lors d’une AGO (celle tenue à Annaba en marge du match Algérie-Maroc en mars dernier) par le président de la séance, est une preuve suffisante de la puissance des nouveaux seigneurs du football en Algérie. Aujourd’hui, alors que les affaires du personnel du football prospèrent et que le sport-roi se meurt, l’intervention des pouvoirs est indispensable, vitale. Sous le poids des éliminations et des humiliations. L’amorce du professionnalisme, édicté par l’instance de Blatter, est l’archétype, voire un passage obligé, de la gestion du sport par des forces qui n’ont d’objectif que le gain d’argent, rien que l’argent. - M. B.