AFR : L'exemple du Japon (Mahjoub Faouzi)

Afrique - CAF

La planète foot a salué avec enthousiasme la victoire, en finale du Championnat du monde féminin, de l'équipe du Japon sur celle des Etats-Unis archi-favorite. Les ambassadrices du ballon nippon ont assez plu par leur enthousiasme, leur joie de jouer et leur manière plus basée sur l'habileté et la promptitude gestuelle que sur la concurrence physique. Ni taillées comme des catcheuses ( les buteuses de la finale Miyama et Sawa font respectivement 1,57 m et 1,64 m), ni surdouées techniquement. Et pour ce qui interpelle, ni plus costauds, ni plus fortes balle au pied que les...Nigérianes!

Voilà vingt ans que le Nigeria se qualifie régulièrement pour la phase finale de la compétition mondiale. En six participations, les footballeuses de ce pays n'ont franchi qu'une seule fois le premier tour (en 1999), sinon, elles n'ont récolté que des cuillers en bois. Le Ghana, qualifié en 1999, 2003 et 2007 n'a pas fait mieux.

Des résultats négatifs qui s'expliquent, en premier, par le faible niveau ou l'inexistence de compétitions nationales dignes de ce nom. Or, une sélection nationale reflète le niveau des clubs et sans clubs performants pas d'équipe nationale performante. Au sein de l'équipe de Guinée équatoriale qui a participé au Mondial 2011, six joueuses n'ont pas de club!

Depuis 1991, la CAF accepte que des pays s'engagent dans les championnats internationaux féminins alors que chez eux, il n'existe pas de compétition féminine régulière! Au Japon, on a opté pour une démarche plus rationnelle avec une priorité aux clubs. Ajoutez-y un projet de développement cohérent basé sur le travail. Depuis 1991, le japon est présent au Championnat du monde et à chaque édition, il marque des points et progresse. Son succès en Allemagne est un aboutissement qui ne doit rien à l'improvisation.

En Afrique, sa majesté Hayatou VI peut parader après le double fiasco des Championnats du monde des moins de 17 ans et des féminines. Mais le foot, ça l'intéresse encore? - MF