FIFA : Blatter n'a jamais aimé l'Afrique

Mondial/Can - CAN
S'affichant comme un grand défenseur du football africain, Joseph Blatter le président de la FIFA vient de se dévoiler à l'image de son maître Joao Havelange qui s'est présenté au début des années 1970
comme un tiermondiste convaincu afin de succéder à l'Anglais Sir Stanley Rous et pratiquer une politique européenne. L'actuel patron de la FIFA, le Suisse Blatter pour plaire à L'Europe en vue des futurs élections à la présidence veut que la coupe d’Afrique des nations (CAN) soit désormais jouée au mois de juin. "La CAN en janvier est une tradition, certes. Mais quelqu’un doit avoir le courage de se replonger dans le calendrier mondial des matches et déterminer s’il n’est pas possible de changer tout ceci. [...] Nous fixons une échéance, 2016, pour que le calendrier international soit en conformité avec les intérêts de tout le monde."
Ces paroles du patron du football mondial sur les ondes de la BBC semblent bien sonner le glas de la CAN jouée en début d’année. Le président de la FIFA voudrait que la plus prestigieuse compétition de football africaine se joue désormais durant l’été, comme les autres compétitions. De cette déclaration, on retient deux choses. Premièrement, Blatter vient là de désavouer l’Afrique, dont il a pourtant été l’un des plus fervents défenseurs. Il s’est personnellement impliqué pour que la Coupe du Monde 2010 ait lieu en Afrique du Sud, fait inédit sur le continent.
Pourtant son homologue Issa Hayatou, le président de la Confédération africaine de football (CAF) avait rejeté en bloc tout changement du calendrier de la compétition avant le coup d’envoi de l’épreuve Ghanéenne. Mieux, il a fait une concession en annonçant que la CAN 2010 en Angola débutera plus tôt, le 10 janvier afin de mieux coïncider avec la trêve hivernale observée dans la plupart des championnats européens. Deuxièmement, Blatter par ce geste cède aux pressions exercées par les clubs européens. En effet, personne n’est dupe. Les intérêts de "tout le monde" dont il parle sont surtout ceux de ces riches clubs.
Ces équipes ne cessent de réclamer que la CAN soit déplacée en été, car la CAN se déroule en même temps que les championnats européens. Les clubs sont donc privés pendant un mois de leurs meilleurs éléments africains. Certains parmi ces derniers (et non des moindres) commencent même à appuyer ces demandes, craignant pour leurs places à leur retour en club. Ces clubs font toujours semblant d’être surpris par la CAN alors qu’ils devraient en tenir compte dans leur recrutement pendant le mercato de l’été.
Personne ne se plaint jamais quand les Sud-américains font de longs et éprouvants déplacements pour jouer des éliminatoires aussi élastiques qu’inutiles, quand on sait que les qualifiés sont presque toujours les mêmes. Pourquoi s’acharner sur les africains?
Ce que monsieur Blatter ignore (ou fait semblant d’ignorer), c’est que déplacer la CAN n’arrange pas l’Afrique. Lui-même l’a reconnu, la CAN en janvier est une tradition, et on ne change pas les traditions, du moins en Afrique. Ici, elles sont sacrées. En plus, la période de juin correspond à la saison des pluies sur le continent. Qui pourrait jouer sous de telles intempéries? De même, en cas de déplacement, la CAN aurait lieu soi en même temps que l’Euro de football, soi au moment de la Coupe du Monde. Dans le premier cas, la CAN a peu de chance de faire concurrence à l’Euro non sur le plan du jeu, mais sur celui de l’intérêt des annonceurs. Dans le second cas, cela revient quasiment à dire que les pays africains ne devraient plus jouer la coupe du monde.
Alors existe-t-il réellement une solution qui arrange tout le monde? Jouer la CAN tous les quatre ans comme le préconisent certains? «L’Afrique a besoin d’une CAN tous les deux ans pour améliorer ses infrastructures» a tranché Issa Hayatou sur le sujet. Alors monsieur Blatter le débat est clôt. L’Afrique a besoin d’une CAN en janvier pour conserver son originalité et ses intérêts. (avec Sportvox)
 
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