FAF : Med Abdelkader Benkada balance tout

Maghreb - ALGERIE
Dans un entretien accordé au quotidien sportif Compétition, Mohamed Abdelkader Benkada le président de l’IRM Bel Abbès, club relégué en division inférieure, veut évincer le gestionnaire de la fédération Mohamed Raouraoua de la FIFA.
Une volonté etayée par un solide dossier judicaire, que la FAF à volontairement ignoré, selon le président de Bel Abbès. Il pointe aussi la mauvaise gestion, l'incompétence et la méconnaissance de, Raouraoua, des règles et directives de la FIFA. footafrique vous propose l'intégralité de l'entretien.

L’affaire IRMBA-FAF refait surface… ?

On a saisi la FAF à plusieurs reprises, elle n’a même pas daigné nous répondre. Maintenant, à nous d’utiliser les moyens de pression que nous avons en notre possession. -

Quels sont ces moyens ?

Le président de la FAF a reçu une correspondance du directeur des sports du ministère de la Jeunesse et des Sports qui lui demande d’appliquer les sentences du TAS algérien. L’IRMBA est en possession d’une grâce de justice rendue par le tribunal de Bir Mourad Raïs, notifiée à la FAF par le biais d’un huissier de justice, le 20 août 2009. C’est un mépris envers les recommandations de la FIFA, du CIO et des décisions du TAS algérien. Notre but est d’obtenir son exclusion du comité exécutif de la FIFA, assortie d’une interdiction d’exercer toute activité liée au football. Il nous suffit pour ce faire de réactiver les dossiers en notre possession, d’user des prérogatives que nous confère l’article 108/B du code disciplinaire de la FIFA et de les transmettre aux commissions compétentes (discipline et éthique) de la FIFA. Lorsque l’on ramène Blatter et Issa Hayatou dans le jet privé de Khalifa, comme paru dans le journal Liberté du 11 janvier 2007 et qu’on organise en leur honneur une soirée mondaine au Sheraton, en vue de les réconcilier suite à leur embrouille, ce qui a coûté quelques milliards de centimes au Trésor algérien, que l’on offre gracieusement à ces petites gens des billets d’avion sur le vol Alger/Bamako pour assister à l’inauguration de la CAN- 2002 au Mali, puis, d’autres billets sur le vol Alger/Paris, cela est incontestablement interdit par la charte olympique et le code éthique de la FIFA. Blatter a-t-il besoin de l’argent de l’Algérie pour prendre un billet d’avion ? Pour tout cela, nous avons adressé une correspondance à la FIFA.

Vous affirmez aussi que la FAF encourait des risques de suspension à cause de violation de textes de loi, etc. Voudriez-vous nous en parler davantage ?

En parlant de risques, les RG de la FAF, dans leur texture actuelle, placent le football national dans une situation d’exclusion, il ne s’agit plus d’incompétence, mais de faiblesse caractérisée. Nous mettons au défi la FAF, organes et démembrements compris, de pouvoir avancer le moindre argument de défense aux griefs que nous formulons :

1- Le recours au TAS de Lausanne est une exigence statuaire de la FIFA contenue dans les articles 13 et 63. Comment le bureau de la FAF décide d’interdire aux clubs algériens de recourir au TAS de Lausanne, alors que les clubs professionnels sont tenus, selon la réglementation du football professionnel de la FIFA, par un engagement dans lequel ils reconnaissent la compétence exclusive du TAS de Lausanne ?

2- En plus, on interdit aux joueurs amateurs de pratiquer le sport à certain âge, 30 et 32 ans. Or, «la pratique du sport est un droit. Ce principe fondamental tel que déclaré dans la Charte olympique doit être pratiqué sans discrimination aucune», alors qu’on laisse les joueurs professionnels jouer sans limite d’âge est une discrimination entre athlètes d’une même fédération en raison de leur mode de rémunération, les amateurs payent les pots cassés des professionnels

3- Là où il y a beaucoup de divergences, c’est la loi III de l’IFAB, relative au nombre de joueurs dans une équipe. La FAF a décidé depuis 2004 d’interdire le déroulement d’un match si une équipe se présente sur le terrain avec un effectif de moins de onze joueurs, or onze c’est le nombre maximum exigé par la FIFA, le minimum étant de sept, elle laisse le soin aux fédérations nationales de fixer le nombre minimum de joueurs dans une équipe, mais la FAF n’a pas su faire la différence entre le maximum et le minimum. C’est une loi mathématique, le maximum ne peut être jamais égal au minimum, le maximum est universel et il est fixé à onze, le minimum étant laissé à l’appréciation des associations nationales, un nombre qui varie inévitablement entre sept et dix ne peut en aucun cas être égal à onze. Cette loi est violée et piétinée dans les RG de la FAF qui refusent toujours de se rendre à l’évidence et considèrent toujours que le maximum et le minimum sont des nombres égaux.

4- La FAF piétine la circulaire de la FIFA 821/ du 01-10-2002 relative à la suspension obligatoire après expulsion que la FAF avait elle-même insérée dans son BO numéro 10, d’octobre 2002, et on trouve dans les RG de la FAF que cette circulaire n’est pas appliquée en Algérie, alors, qu’avec toutes ces violations graves, la FAF risque une suspension. Qu’on récapitule, d’abord il y a violation des statuts, une violation d’une circulaire de la FIFA et de la violation de la loi III et ces trois obligations des membres sont contenues dans l’article 13, sans compter la violation de la pratique du sport qui est une violation de la Charte olympique, c’est une violation des principes fondamentaux de l’olympisme 4 et

5. Pour cela, que ce soit la FIFA ou le CIO, ces derniers sont intransigeants dans ces cas de figure, ils suspendront la FAF sans aucun état d’âme, l’article 14 des statuts le stipule : «Toute violation grave et réitérée de ses obligations par un membre entraîne la suspension et l’exclusion». Il est donc un fait capital pour ce bureau de la FAF qui ne doit pas l’ignorer, ce même bureau, illégalement élu sur la base de textes juridiques abrogés depuis le 06-10-2006, ignore l’organe législatif et l’organe suprême.

Votre club s’est vu reléguer en division de wilaya à cause d’un changement de système décidé par le BF, une décision que vous aviez remise en cause et qui vous a poussé même à saisir de nouveau le TAS…

Effectivement, notre dossier est entre les mains du TAS, car nous n’avons jamais accepté des décisions arbitraires. Le bureau fédéral, étant l’organe exécutif chargé d’exécuter les décisions de l’AG, n’a pas les compétences de légiférer les modifications et les décisions prises concernant le changement du système. La modification des RG et leur adoption relève de l’AG, sur proposition du bureau fédéral, il propose aux membres de l’AG et c’est à eux d’entériner ou de refuser, mais le bureau n’est pas habilité à diriger. Le bureau de la FAF, illégalement élu, je le répète, sur la base de statuts qui ont été rejetés par la FIFA, le 21 septembre 2005, et dont la correspondance a été enregistrée par le secrétariat de la FIFA le 8 octobre 2005 sous le numéro 1222, les statuts de mars 2000 ayant été rejetés par la FIFA se retrouvent encore en vigueur à la date du 10 mars 2010, pourtant ils sont abrogés par les lois nationales, est-ce une fédération hors la loi ? Posons-nous cette question ! Une fédération illégalement élue sur la base d’une AG constituée en violation des lois nationales. Ces dispositions étant contenues dans un décret exécutif qui, dans le cadre du parallélisme des formes, ne peut être modifié que par texte de même nature, annulant de facto le changement du système de compétition adopté par le bureau fédéral et communiqué aux clubs intéressés après la dixième journée du championnat. L’année dernière, la FAF a décidé de changer le système de compétition en décidant d’annuler un groupe de régionale 2 par région (au lieu de trois groupes en régionale 2 c’est devenu deux groupes) et de faire rétrograder douze clubs par région, ce qui nous donne un nombre de 108 clubs, le tout en violation des lois et des règlements sportifs. Ce bureau fédéral a sur la conscience la rétrogradation arbitraire de ces clubs, relégués de manière dictatoriale. Le système de compétition ne peut être changé que par les membres de l’AG. Or, cette décision a été prise dans son BO numéro 3 du 2009. Figurez-vous que l’avocat-conseil de la fédération, son président de la commission juridique, reconnaît devant le TAS que le bureau fédéral avait pris cette décision parce qu’il a considéré que la FAF était incapable de convoquer son AG. Ce qui explique bien que le football actuel professionnel en Algérie ne repose sur aucune base juridique, sachez que le premier critère exigé par la FIFA est la présence d’une base légale prévue dans les statuts et comme la FAF n’a pas de statuts, on se demande par qui sont gérés nos clubs. Tirez vous-même les conclusions qui s’imposent !

par M.B, in Compétition