A. Michel : «Rien n'a changé»

Maghreb - ALGERIE

L'entraîneur du Mouloudia d'Alger, Alain Michel, nous parle du professionnalisme en Algérie et de la Ligue d'Afrique des champions qui démarre le week-end qui vient. Alain Michel est l'entraîneur du MC Alger depuis septembre 2008.

Alain Michel, le football algérien est entré depuis six mois dans l'ère du professionnalisme. Comment vivez-vous cette expérience ?

Comme un conte de la folie ordinaire. Rien n'a changé. Les joueurs continuent à percevoir leur salaire par tranches trimestrielles voire semestrielles. L'entraîneur est payé à coups de tire - boulette, à la manière du maçon dont on a peur qu'il ne termine pas le mur. Une Ligue amateur qui continue de diriger le football professionnel... Des situations qui arrangent pas mal de gens qui vivent et gravitent autour du football.

Comment avez-vous accueilli la trêve d'un mois et demi ?

Je la récuse. Lors de la reprise, en mars prochain, je ne vais pas profiter des nouveaux joueurs (l'attaquant malien Mamadou Coulibaly, le milieu de terrain Tayeb Berramla et le gardien Azzedine) pour disputer les quatre matches en retard. Les maîtres-penseurs de la Fédération s'y opposent. Ils obligent les clubs à aligner leurs effectifs d'avant le mercato. Et comme nous avons dégraissé, je n'aurais même pas 16 joueurs disponibles à mettre sur les feuilles de match.

Ce ne sera pas le cas pour le prochain match (aller) de la Ligue d'Afrique des clubs contre le Real de Bangui, à Bangui le 29 janvier prochain ?

Non ! Je récupère mon meneur de jeu, le milieu de terrain Mohamed Derrag, blessé indisponible depuis deux mois. Mais j'avoue que je pars dans l'inconnu. Les Centrafricains sont difficiles à jouer chez eux. Leur équipe nationale a battu l'Algérie (2-0) en match aller des éliminatoires de la CAN 2012. Il y a de la revanche dans l'air.

Le Mouloudia dispute souvent ses matches au stade du 5 juillet. Or, la fédération se plaint de sa pelouse et envisage de ne pas y programmer le match contre le Maroc pour les éliminatoires de la CAN 2012...

C'est vrai, il y a un gros problème de planimétrie de la pelouse et la maîtrise du ballon est difficile. Il s'agit d'un énorme ratage. Mais le Mouloudia n'a pas le choix. Le stade du 5 juillet est le seul capable de contenir ses supporters. Ils varient entre les 40 000 et 50 000 spectateurs. Et les rencontres de la Ligue d'Afrique se joueront sur cette pelouse. »